Quelques clés pour rester motivé tout au long de l’année

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La rentrée nous propulse dans un nouveau départ et elle s’accompagne d’une bouffée de motivation. Mais comment faire perdurer cette motivation tout au long de l’année ? Et quels sont les facteurs déterminants de celle-ci ? Voici ma cinquième rentrée à l’université. Malgré l’expérience académique acquise ces dernières années, je me retrouve encore parfois démotivée. C’est pourquoi j’ai tenté d’apporter des éléments de réponse à ces questions.

Qu’est-ce que la motivation ? Quels sont les facteurs qui déterminent la motivation ?

Si l’on regarde de plus près l’étymologie du terme on peut retrouver le mot « motif », qui vient du latin « motivus » et aussi « movere » qui veut dire mouvoir. La motivation représente donc les motifs qui nous poussent à se mouvoir, à agir.

Une des théories de la motivation est celle de Victor Vroom, qui se base sur les attentes qu’ont les individus pour expliquer d’où viennent leurs raisons de se mettre en action.  Cette théorie repose sur trois concepts :

  1. L’attente ou l’expectation

Est-ce que mon effort aboutira à la performance souhaitée ?

Si je m’organise et que je me discipline à étudier tout au long de l’année, arriverais-je à répondre correctement aux questions de l’examen ?

  1. L’instrumentalité

Ma performance sera-t-elle corrélée avec le résultat obtenu ?

Si je pense avoir atteint mon objectif d’étude, vais-je recevoir 14/20 pour ce cours ?

  1. La valence

Est-ce que ce que j’obtiens en échange du résultat de ma performance a de la valeur pour moi ?

Est-ce qu’obtenir 14/20 a vraiment de l’importance pour moi ?

Vroom propose également une formule pour calculer la force de motivation :

FORCE DE MOTIVATION = Expectation x Instrumentalité x Valence

Cette formule implique que pour être plus motivé, il faut influencer et augmenter ces trois facteurs. Explorons quelques pistes qui nous permettront d’agir sur ces trois facteurs déterminants.

  1. L’expectation

L’expectation peut être définie comme la chance de réussir à compléter une tâche compte tenu de ses aptitudes. Ici, la chance de réussir est subjective. C’est la perception qu’a l’individu de ses propres capacités ou encore la certitude que son effort sera suivi du résultat désiré ou non.

L’expectation dépend donc de l’autoévaluation d’un individu. En s’autoévaluant, on repense à ses expériences passées : a-t-on raté déjà beaucoup d’examens ? A-t-on déjà rencontré beaucoup de difficultés avec des matières similaires ? On se base également sur ce qu’on sait sur la difficulté du cours : quels sont les feedbacks des élèves ayant passé ce cours ? Quel est son taux de réussite ?

Pour être plus motivé par un projet académique, il est donc intéressant d’augmenter ce facteur ‘expectation’. Une connaissance plus fine de soi et une meilleure gestion de ses capacités permettront d’arriver à ce résultat.

Loi de Carlson : Dans les années 50, l’économiste suédois Sune Carlson a découvert que le pire ennemi de la productivité était l’interruption fréquente. Notre cerveau a besoin d’un temps de mobilisation pour pouvoir travailler à plein rendement. Chaque interruption le démobilise et coûte cher en termes d’efficacité. Ceci nous en apprend un peu plus sur nos aptitudes humaines. Il est primordial de pouvoir étudier sans s’arrêter à chaque notification reçue (éteignez vos smartphones) ou distraction de la part de ses compagnons d’étude (choisissez bien vos potes). 😉

Loi de Turgot : La loi de Turgot est bien connue des économistes, c’est celle des ‘rendements décroissants’. Initialement formulée pour l’agriculture, elle vient compléter la loi de Carlson quand on l’applique à la gestion de son temps de concentration. Cette loi nous apprend qu’il est nécessaire de prendre des pauses fréquentes. En effet, après avoir pu travailler au maximum de ces capacités pendant un temps, la concentration de l’individu va progressivement baisser. En fonction de la nature de la tâche à entreprendre, il est idéal de s’arrêter 10 minutes toutes les heures ou 5 minutes toutes les demi-heures. Par exemple, lorsqu’on est lancé dans des recherches pour un travail ou une dissertation, s’arrêter toutes les heures convient parfaitement pour la majorité des gens. Pour une étude plus soutenue de concepts ou de démonstrations par cœur, des pauses plus régulières s’imposent.

Loi de Illich : Ivan Illich, penseur autrichien rajoute encore une pierre à l’édifice de la connaissance de soi. Il nous apprend que l’énergie d’une personne fluctue au long de la journée. La majorité de la population aurait un pic d’énergie aux alentours de 9-10h du matin. Pour une minorité celui-ci aurait lieu dans l’après-midi ou encore le soir. Il est donc intéressant d’être conscient de cette variation d’énergie et de réserver les tâches complexes aux moments où l’on est le plus dynamique. Par exemple, s’il faut mettre ses notes au propre pour un cours et apprendre les définitions d’un autre, il vaut mieux réserver l’étude à l’instant de la journée où on est particulièrement énergique et retravailler ses notes à un autre moment.

  1. L’instrumentalité

L’instrumentalité est la probabilité que l’effort fourni soit suivi d’une récompense. Si je me suis discipliné durant tout le quadrimestre et que j’ai étudié mon cours de philosophie comme j’avais prévu, suis-je récompensé par une belle note pour ce cours ? En règle générale, le gain reçu peut prendre différentes formes : un sens d’accomplissement, la reconnaissance d’autrui ou encore une rétribution monétaire.

Au même titre que pour l’expectation, pour être plus motivé, il faut augmenter le facteur instrumentalité. Pour cela, il faut mieux cibler son effort et comprendre les attentes de la personne qui nous évalue.

A l’université, plusieurs ressources sont à la disposition des étudiants. Pour mettre son travail personnel en adéquation avec les attentes des professeurs plusieurs réflexes sont à adopter dès le début de l’année : discuter avec ses professeurs et assistants lors des heures de bureau de ceux-ci afin de clarifier la matière, assister aux guidances et soutiens pédagogiques, consulter les synthèses et examens des années précédentes, contacter des anciens étudiants, …

Loi de Parkinson : C. Northcote Parkinson, historien britannique a appliqué la loi des gaz au travail : « Plus on a de temps pour réaliser une tâche, plus cette tâche prendra du temps ». Cela veut dire que si l’on dispose de 2 mois pour finir un travail, celui-ci nous occupera pendant toute la durée de ces deux-mois même s’il aurait pu être bouclé en 3 semaines. Pour contrer cette inflation du temps, Parkinson conseille de délimiter son projet de manière réaliste dans le temps : lui attribuer un début et une deadline. Il est indispensable de commencer à s’y atteler à la date de départ pour éviter une procrastination durable et de se forcer à le finir à la date de fin.

Urgence et importance de la tâche : On peut classer les projets à entreprendre selon leur urgence et leur importance. Les travaux importants et urgents sont par exemple les interrogations en cours d’année et les travaux de groupe dont la date de remise approche dangereusement. Selon la loi de Parkinson, ces tâches ont tendance à remplir tout notre agenda, ne laissant aucune place pour d’autres tâches. Or, certains projets sont importants mais pas spécialement urgents. Par exemple, pour réussir son cours de physique il est indispensable d’étudier régulièrement pendant tout le quadrimestre. La date de l’examen est encore lointaine, cette tâche n’est donc pas urgente mais elle n’en est pas moins importante. De ce fait, il faut veiller à planifier des moments consacrés à ce type de tâche, qu’il y ait d’autres choses plus urgentes à faire ou non.

Loi de Pareto : ou le principe des 80-20 postule que 80% des effets sont le produit de 20% des causes. En d’autres mots, 20% de l’effort fourni va mener à 80% du résultat obtenu. Illustrons cette loi par la routine d’un athlète. Certains entraînements, ceux d’endurance par exemple, permettront à ce sportif d’obtenir une très belle place au classement le jour de l’épreuve. D’autre part, une grande partie des efforts qu’il fait au quotidien (manger sainement ou ne pas boire d’alcool) influenceront seulement de peu sa place au classement. En quoi le principe de Pareto est-il pertinent pour un étudiant ? Pour obtenir 16/20 il « suffit » d’identifier les points de matière et exercices essentiels du cours et d’y travailler en utilisant la Loi de Illich, qui nous conseille d’utiliser les moments de grande productivité pour s’atteler aux tâches importantes. Pour avoir 20/20 par contre, il faudra travailler énormément afin de pouvoir connaitre tous les détails et subtilités du cours. Attention, le principe de Pareto nous dit aussi que 80% des efforts mènent à seulement 20% du résultat. Il est donc primordial de comprendre les grands points de matière du cours étudié et de ne pas juste se concentrer sur le superflu.

  1. La valence

La valence est la valeur que l’individu accorde à la récompense reçue. Est-ce que réussir ce cours est vraiment important pour moi ? Suis-je heureux si j’obtiens 14/20 ? C’est la satisfaction qu’on pense ressentir au moment où l’on nous donne la récompense. La valence est déterminée par les besoins, les buts et les préférences de l’individu. Ai-je besoin d’un diplôme pour me lancer dans la carrière de mes rêves ? Qu’est-ce que la réussite de ce cours va m’apporter ?

Pour influencer le facteur valence il faut donc répondre à ces questions et mettre les choses en perspective. Regardons une étude de cas : « Je suis élève en droit. Malheureusement, je n’ai pas d’affinités avec le cours de droit romain et je ne suis pas très motivée à l’idée de travailler ce cours. Seulement, je rêve d’être avocate. Pour cela je dois obtenir mon diplôme et je ne le recevrai pas si je n’ai pas réussi mon cours droit romain. La réussite de ce cours est donc importante pour moi. Je vais donc m’atteler à l’étudier dès maintenant ». Bien évidemment, la réalité n’est pas si simple mais en identifiant ses objectifs à long terme et en faisant un peu d’introspection, il est toujours possible de trouver des réponses satisfaisantes.

Conclusion

Une grande partie des efforts et de la transpiration d’un étudiant dépendront des attentes et perceptions que celui-ci possède par rapport à ses capacités, à la manière dont il sera évalué pour son dur labeur et à la satisfaction qu’il recevra d’avoir réussi. Si jamais ces attentes ne devaient pas être rencontrées immédiatement ne vous découragez pas ! « Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » – Winston Churchill.

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