Pourrais-tu nous dire en quoi consiste le nouveau projet du Solvay Finance Club ?

Cette année notre projet principal est le portefeuille d’investissement. Ce projet nous est venu lorsque en discutant entre nous, nous nous sommes rendus compte que les cours à Solvay sont trop théoriques et nous n’avons que très peu de connaissances pratiques sur comment investir, comment choisir ses investissements, comment diversifier son portefeuille et surtout sur comment faire des recherches sur les produits d’investissement.

Or, des initiatives similaires existent déjà depuis des années dans des écoles de commerce étrangères mais aussi belges et ces projets se portent très bien et ont énormément de succès. Il nous a paru dès lors étonnant que jusqu’ici personne n’ait lancé un club d’investissement à Solvay alors que nous avons la réputation d’être la meilleure école de commerce du pays.

Ainsi, nous nous sommes rendu compte qu’il existe un vrai potentiel pour un portefeuille d’investissement au sein de Solvay. Notre projet a suscité énormément d’intérêt et de nombreuses personnes se sont dites motivées d’investir dans le portefeuille et de nous allouer de leur temps et de leur énergie pour porter notre projet à bien. Nous avons également contacté de nombreux alumni qui se sont montrés très enthousiastes et qui étaient immédiatement prêts à nous fournir des conseils pratiques et à venir nous donner des workshops pour nous aider à nous développer.

Forcément, avec un tel engouement nous sommes confiants que le projet va se développer très vite et nous espérons qu’avec les années plus de personnes vont se joindre à nous, que le club va se renforcer en membres et en expertise et que notre portefeuille va prendre de la valeur au fil des années.

Qui sont les professionnels qui vous ont montré de l’intérêt ?

A la Solvay Brussels School nous avons énormément d’alumni dans des banques d’investissement et dans des firmes de gestion d’actifs. Notre objectif était de contacter des personnes dont l’investissement et la gestion d’actifs est le métier principal. Ainsi, nous avons pu prendre contact avec les banques Rothschild, Pictet, KBC, ING, BNP Paribas Fortis et Morgan Stanley. Le problème c’est que de nombreux alumni de Solvay travaillent à l’étranger, dans des villes comme Londres. Donc malgré le fait que le projet les ait énormément intéressés, ils ne peuvent pas se déplacer pour soutenir le Club de Finance activement. Mais on a pu tout de même bénéficier de leur expertise à distance.

Cependant, à l’heure actuelle, plus que jamais, nous avons besoin d’une présence active des professionnels du métier à nos côtés et c’est pourquoi nous avons surtout contacté des banques locales, telle que Rothschild. Ainsi, un alumni de Solvay qui occupe actuellement le poste de Senior Portfolio Manager à Rothschild a parlé du nouveau projet du Solvay Finance Club à certains de ses collègues et ils ont été d’accord de venir donner quelques workshops à Solvay. De ce fait, les deux premiers workshops du 23 et du 27 mars seront donnés par deux professionnels travaillant à la banque Rothschild.

En quoi vont consister vos workshops ?

Le but de nos workshops est de construire une base théorique sur laquelle nos membres pourront s’appuyer pour les recherches qu’ils feront par la suite. Suite à nos discussions avec les professionnels de Rothschild sur les thèmes que nous devrions aborder pour débuter, nous avons décidé d’aborder une approche « Top Down ». Cette dernière consiste à partir des éléments macroéconomiques afin d’aborder les grandes thématiques des marchés financiers pour ensuite se concentrer, dans ces thématiques, sur les aspects microéconomiques. Par exemple, nous pourrons aborder des thèmes tels que l’explosion du commerce en ligne en Chine, ou des conséquences du Dollar américain fort. Le but final est de définir des opportunités d’investissement sur base de ces thématiques et de trouver des entreprises qui seraient intéressantes à analyser afin d’approfondir nos recherches. 

Dans quels produits d’investissement allez-vous investir ?


Etant donné que le portefeuille est dans sa première année, notre budget va être limité. Pour l’instant nous avons pu récolter 4,000€ d’investissements. In fine nous espérons arriver à 7,000 – 8,000€ pour le lancement du portefeuille. Idéalement, nous devrions avoir 10,000€ dans notre portefeuille pour avoir assez de diversification que pour limiter le risque tout en obtenant un rendement raisonnable.

Nous allons nous concentrer en premier lieu sur les actions et les ETF (Exchange Traded Funds). Etant donné que nous ne sommes pas encore des experts et que le but premier est d’apprendre, nous allons commencer simplement ; nous allons allouer une partie de nos fonds à des actions d’entreprises européennes tandis que la majeure partie de nos fonds sera investie dans des ETF qui offrent un bon degré de diversification malgré un relativement faible montant dont nous disposons pour notre portefeuille cette année.

Comment est-ce que le portefeuille va fonctionner dans la pratique ?

Les décisions d’investissement seront prises uniquement par des étudiants sur base d’un vote à majorité qualifiée et des recherches qui auront été réalisées par les étudiants. Néanmoins, tout se fera avec la consultation des alumni de Solvay qui sont dans le métier d’investissement depuis 20-25 ans. Ils nous apporteront l’expertise et l’expérience qui nous manquent, tout en nous apprenant à faire des recherches financières ainsi que le fonctionnement des produits d’investissement plus sophistiqués.

Pourquoi avez-vous opté pour un vrai portefeuille plutôt que pour une simulation de portefeuille ?

Nous pensons que la majeure partie des étudiants qui sont intéressés par le projet sont des étudiants qui investissent déjà individuellement et qui ont potentiellement déjà un portefeuille virtuel. Donc d’une part nous voudrions proposer quelque chose d’unique et d’autre part nous pensons qu’un portefeuille virtuel n’aurait pas apporté le même sérieux. Quand il ne s’agit pas de vrai argent on a tendance à prendre des risques démesurés et à prendre des décisions irréfléchies. On n’a pas la même motivation et le même sérieux de la situation lors d’une simulation. De plus, lorsque l’on investit son propre argent on est plus enclin à investir de son temps et on est plus impliqué dans le projet. Nous espérons ainsi, avoir un engagement plus fort de la part de nos investisseurs.

Quelles sont les conditions pour pouvoir investir dans le portefeuille ?

Premièrement il faut être très motivé par la finance et il faut investir dans au moins une part dont la valeur nominale est de 50€. Ensuite, il faudra participer à nos workshops exclusifs, il faudra s’impliquer, faire des recherches financières par équipes et participer aux votes d’investissement.

Concernant les droits de vote, quels mécanismes avez-vous prévu pour éviter qu’une personne souscrive un nombre trop important d’actions et qu’elle se retrouve avec un nombre démesuré de droits de vote par rapport aux autres actionnaires ?

Nous avons considéré cette option et il se trouve que nous avons déjà 45 personnes qui ont souscrit des actions. De ce fait, même si une seule personne décide de souscrire 20 actions, ce qui représente tout de même 1000€, il y a un contrepoids assez important de la part des autres actionnaires. De ce fait, cette personne aura du mal à prendre la majorité des droits de vote. Nous avons déjà accumulé une masse assez importante d’actionnaires pour éviter toute prise de contrôle hostile. Par ailleurs, le Solvay Finance Club investira une partie de son budget annuel dans le portefeuille, de même que tous les membres du Board. Par la suite, si tout se passe comme prévu et le projet gagne de l’ampleur, cette question de prise de contrôle hostile se posera de moins en moins. Néanmoins, il sera prévu dans les statuts un plafonnage à 20% des droits de vote par individu pour ne pas rencontrer ce cas de figure.

Pourrais-tu détailler les différentes étapes du déroulement du projet ?

Le premier workshop aura lieu le 23 mars et sera ouvert pour tout le monde afin de laisser au plus grand nombre la possibilité de découvrir le projet. Comme dit précédemment, il sera donné par des banquiers de Rothschild. Ce workshop représente le tout dernier moment auquel il sera possible de souscrire à des actions dans notre portefeuille cette année. Les personnes intéressées devront envoyer un mail sur l’adresse officielle du club en précisant le nombre d’actions qu’ils voudraient souscrire. Après le workshop, les étudiants vont être placés en équipes et une thématique majeure sera attribuée à chaque équipe. Pendant les vacances de Pâques les étudiants vont faire leurs recherches pour identifier des opportunités d’investissement et les présenter au vote au Board du Solvay Finance Club et à nos alumni. Le vote nous permettra de hiérarchiser les proportions des différentes actions dans notre portefeuille d’investissement.

Que comptez-vous faire si jamais certaines personnes décident d’abandonner le projet en cours de route ?

Je pense que ce sera leur perte et il se puniront tout seuls parce que à partir du moment où on décide d’investir, l’argent reste bloqué et on ne pourra le récupérer qu’en fin de période après paiement des frais de gestion. L’objectif est d’inciter les étudiants à laisser leur argent un maximum de temps dans le portefeuille afin de ne pas devoir systématiquement vendre les actions pour procéder à des remboursements. De ce fait les frais de gestion sont dégressifs au fil des ans et sont donc plus élevés au début. De plus, il y a d’autres incitants, comme pour exemple des certificats attestant de la participation des étudiants à tous les workshops et à toutes nos activités proposées.  Finalement, les étudiant qui décideront d’abandonner en cours de route ne pourront plus revenir dans le club par la suite.

Est-ce que tu pourrais détailler le déroulement des présentations et le format de présentation que vous attendez de la part des étudiants ?

Nous allons demander aux étudiants de faire des petites présentations PowerPoint professionnelles. Nous ne voulons pas demander aux étudiants de préparer des gros dossiers que finalement personne ne va prendre le temps de lire dans leur intégralité comme c’est d’ailleurs le cas dans le milieu des affaires. Nous voulons inciter les étudiants à faire preuve d’efficacité et d’esprit de synthèse, de sorte qu’ils apprennent à aller directement vers l’essentiel. C’est ce qu’on attendra d’eux. Dans le milieu de l’investissement tout se passe vite et il faut apprendre à être proactif. Ainsi, on s’attend à avoir des présentations de 10 à 15 slides maximum pour une présentation de 5 à 10 minutes. Finalement, après chaque présentation il y aura une séance de questions réponses et chaque groupe recevra un feedback des alumni.

Pourrais-tu nous donner plus de précisions sur les workshops que vous allez proposer ?  

Nous allons essayer de faire 5-6 workshops cette année. Les 2 premiers seront donnés par des professionnels de Rothschild et auront pour vocation de poser les bases. Les 2 suivants vont être plus ciblés et avec une plus grande spécialisation. Pour exemple pour un workshop sur la technologie, nous allons plutôt faire appel à Pictet Asset Management qui est une firme spécialisée en investissements dans les hautes technologies. Mais nous allons également nous baser sur ce que les étudiants voudraient apprendre et sur ce qui les intéresse. Notre objectif est de proposer une formation « tailored » sur les besoins des étudiants.

Combien de temps estimez-vous qu’il faudra allouer pour le portefeuille ?

En moyenne, il faudra prévoir 5 à 6 heures de travail par semaine tout en sachant qu’il y aura des semaines plus ou moins chargées. Les premières semaines il n’y aura que des workshops et des formations. Par contre c’est surtout pendant les vacances de Pâques qu’il faudra réaliser le gros du travail. Les étudiants auront bien sur le temps de se préparer pour leur blocus, mais on s’attend quand même à un engagement important de leur part. Néanmoins, nous pensons que les connaissances que le Finance Club pourra apporter aux étudiants seront complémentaires avec leurs études et sera bénéfique pour leur apprentissage théorique.

A partir de quelle année peut-on souscrire des actions dans le portefeuille ?

Nous acceptons des investisseurs de toutes les années mais nous conseillons néanmoins de s’inscrire à partir de la troisième année de bachelier car c’est à partir de cette année que le programme de Solvay propose les premiers cours de la finance. Nous n’avons pas envie de fixer de limite précise. Pour la plupart, ce sont généralement des étudiants de fin de bachelier et de master qui sont intéressés mais nous pensons qu’à partir du moment où les gens sont intéressés et avides d’apprendre, il n’y a pas de raison de les empêcher de participer au projet.

Quelle est la structure légale de votre portefeuille ?  

On se constitue comme un club d’investissement, mais tout l’aspect légal passe par le Bureau Etudiant de la faculté de Solvay avec qui nous nous chargeons de rédiger les statuts. La responsabilité légale incombe donc au Bureau Etudiant qui se constitue comme la partie responsable de la bonne gestion du club et qui assure que les étudiants investisseurs ne seront pas lésés.

Quel avenir vois-tu pour le club et quelles sont tes ambitions sur le long terme ?

En premier lieu, nous allons assurer la continuité du Club en passant par un recrutement interne du Board tandis qu’avant, l’élection du Board se faisait par un vote facultaire. Cette situation offrait une possibilité à des personnes sans compétences particulières de prendre la présidence des clubs grâce au vote de popularité de leurs amis. A partir de maintenant, le recrutement se fera uniquement en interne sur base de leurs compétences et leur mérite. Des interviews seront organisés avec des anciens membres, des professeurs et des alumni – professionnels du milieu afin d’assurer la continuité et la pérennité du club.

Nous ambitionnons de devenir le club incontournable à la Solvay Brussels School. Il existe un potentiel énorme pour le Solvay Finance Club que nous commençons à peine à réaliser. Les portes des entreprises s’ouvrent à nous dès qu’on se présente comme le club de finance étudiant de Solvay et de nombreux professionnels s’engagent sur le champ à venir nous donner des trainings et à apporter leur soutien. De plus, ce n’est un secret pour personne que les sociétés financières disposent de largement plus de moyens de financement que la moyenne. C’est pourquoi, que ce soit en termes de sponsoring, de training ou du nombre d’étudiants intéressés par les métiers financiers, on réalise qu’il existe un potentiel énorme de croissance.

Nous observons qu’un nombre important des personnes ont montré énormément d’intérêt pour notre projet et on arrive à la situation où des entreprises nous contactent pour organiser leurs workshops et nous sommes obligés de leur dire que pour cette année ce sera difficile car nous avons déjà prévu 6 workshops pour la fin de l’année académique. Il y a déjà beaucoup de membres de notre board et du club intéressés, motivés et compétents pour reprendre le club, donc je ne me fais pas de souci quant à l’avenir du club.

Quels conseils donnerais-tu aux étudiants qui vont lire cet article ?

Le conseil que je donnerais aux étudiants c’est de s’investir un maximum dans des clubs étudiants pour découvrir ce qu’ils aiment faire. Peu importe lesquels. Solvay c’est bien, c’est une école qui offre une excellente éducation, un diplôme fortement valorisé et généralement, on n’a aucun mal à trouver un emploi après ses études. Néanmoins, il faut valoriser les connaissances qu’on acquiert par des expériences pratiques. Les clubs étudiants agissent comme des moyens de signalisation de la motivation et des compétences. Ce sont d’excellents tremplins pour acquérir des stages et ensuite des emplois fixes. Je pense que le fait qu’il y ait tant de clubs à Solvay offre une occasion unique pour les étudiants de découvrir les différents métiers et de trouver leur vocation. Finalement les clubs étudiants aident à acquérir les skills qui nous manquent. Au Solvay Finance Club par exemple, les étudiants auront l’occasion d’acquérir tant des soft skills que des hard skills, et ça ne fait aucun doute qu’il s’agira d’un avantage considérable sur le marché du travail.

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